Ouvert du 18 avril au 30 septembre 2017

          Du lundi au samedi, de 10h00 à 18h00 sans interruption.

Fermé dimanche et jours fériés.                                                                       

Groupe toute l'année sur réservation.

Les Musées Armor, Argoat

L’exposition Armor, Argoat, La Bretagne au travail présente différents métiers liés au monde de la mer et au monde de la terre, traités par les artistes depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui.

Si certains métiers font toujours partie de notre quotidien, d’autres font référence à un passé révolu comme les lavandières ou les vanniers.

Bien que la plupart des activités Armor, Argoat sélectionnées pour l’exposition ne nous soient pas inconnues, il nous a semblé primordial de nous associer à l’expertise de musées spécialisés.

Ainsi pour les activités liées à l’univers de la pêche (pêche à pied, construction navale, embarquement, débarquement de poisson…) Serge Blanken, du Port Musée de Douarnenez, nous a apporté son concours. L’explication donnée sur certaines représentations nous permet de mieux appréhender ces différents métiers de la mer. marin avec une dame-jeanneL’épisode de l’embarquement, traité par plusieurs artistes, nous informe des habitudes d’une époque comme le montre cette assiette signée Madite pour laquelle Serge Blanken explique que partant pour une campagne de pêche, le marin embarque deux dames-jeannes vides. Les dames-jeannes (appelées aussi touries ou bonbonnes) sont des grandes bouteilles de verre protégées par de l’osier tressé, serré à même le verre. On y embarquait notamment l’eau et le vin. Leur contenance variait de 5 à 30 litres, voire plus.

plat pêche à la senneDe même les filets et autres outils de pêche sont bien représentés, l’occasion parfois de revenir sur des activités aujourd’hui aujourd’hui bien rares, et notamment illustrées par René-Yves Creston sur un plat pour lequel il est expliqué qu’il s’agit ici d’une scène de pêche à la senne à pied, aujourd’hui quasiment disparue et désormais très règlementée.  Seuls deux types de sennes sont encore autorisées : la senne à lançons exclusivement réservée à cette espèce et la senne à mulets pour la pêche aux poissons dits ronds, toute autre espèce doit être remise à la mer ! L’autorisation est soumise à numerus clausus. Lorsqu’un banc de poissons est repéré, soit en marchant dans l’eau jusqu’à la poitrine, soit en nageant (mais c’est très lourd), soit à l’aide d’un canot, en partant du bord, on encercle le poisson et les participants –  les uns à gauche, les autres à droite – dont certains sont dans l’eau jusqu’à la taille, tirent le filet jusqu’à la plage où seront récupérés les poissons. C’est une pêche diurne autorisée pendant 6 heures de part et d’autre de la basse mer.

 

La même expertise est amenée sur le travail des paludiers par Gildas Buron et Michaële Simonin, du Musée des Marais Salants de Batz-sur-Mer.

Ils portent leur regard sur les recherches menées sur les paludiers par René-Yves Creston dans les années 1930 et qui donnèrent naissances à diverses céramiques. Les créations d’autres artistes sont aussi étudiées comme l’œuvre contemporaine d’Oliver Lapicque, laquelle reprend la gestuelle d’un paludier tirant le gros sel au lasse dans un œillet des marais salants de Guérande. Le manche, balancier de 7m, de l’outil de récolte, coupe le motif en deux. Des mulons de sel blanc, stockés sur les talus d’argile brune, se détachent sur le ciel bleu d’été. Un décroché évoque la ladurée de sel tiré au pont dans l’œillet. Le paludier a emprunté au pêcheur des vêtements de travail aux couleurs chaudes : béret de feutre plat, vareuse rouge et pantalon jaune.

 

plat goemonStéphanie Lalet, directrice de l’Écomusée de Plouguerneau, apporte son concours afin de traiter du travail des goémoniers, de son évolution, nous faisant ainsi découvrir une activité ancestrale et bien représentée en faïence de Quimper. En atteste ce plat de Raymonde Pennaneac’h pour lequel Stéphanie Lalet explique que c’est une scène de ramassage du goémon épave (bezhin torr) avec râteau de grève (rastell an aod), croc (krog) et civière (gravazh). La scène est située en Sud-Finistère avec la présence en arrière-plan du phare d’Eckmühl et de la chapelle Notre-Dame de la Joie (Intron ar Joa). Elle note par ailleurs les coiffes 1930 du Pays bigouden, éléments de datation de la scène.

Pour en savoir plus sur ces musées, cliquez sur les liens ci-dessous

Le Port Musée à Douarnenez

Le Musée des Marais salants à Batz-sur-mer

L'écomusée de Ploguerneau

Pour en savoir plus, le catalogue de l’exposition est disponible à l’accueil du Musée.

 

Lexique :

Lasse ou las : outil de ramassage du sel

Œillet : zone de stockage / récolte du sel – cristallisoir où le sel se dépose.

Mulons : tas de sel recouvert d’argile, pour assurer sa conservation

Ladurée : tas de sel formé sur la ladure (plateforme située sur les ponts des œillets)

Râteau de grève : outil qui permet de ramasser le goémon épave sur le rivage

Croc : outil qui permet de charger et décharger le goémon lors de son transport en charrette

Civière : outil en bois permettant le transport des algues.

 

Retour sur l'exposition "Armor, Argoat, La Bretagne au travail".

L'exposition "Armor, Argoat, La Bretagne au travail" dans la presse